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Une soirée de mémoire réussie

La salle polyvalente était pleine pour la conférence-débat sur le camp allemand de La Plaine d’Aurèle, l’attaque de cette base radar par des maquisards le 16 août 1944 et le passage dans notre commune de plusieurs milliers de soldats allemands et supplétifs dans les jours qui vont suivre. Plus de 160 personnes occupaient notre salle, venues des différents villages du plateau, de Vallon et de Bourg, montrant l’intérêt pour les questions patrimoniales et historiques. On notait plusieurs anciens qui avaient vécu cette période tragique. Les intervenants, le Général Bruno Chaix, Messsieurs Paul Mathevet, Claude Faure et Raoul Galataud ont apporté de nombreuses précisions sur cette station et ces différents évènements. Un débat a permis de recueillir les témoignages de plusieurs anciens. La station-radar de Bidon-Saint-Remèze (nom de code : Alligator 2), construite lors du premier semestre de 1944, comptait deux radars Wurzburg à large parabole installés sur des embases hexagonales, trois radars verticaux de type Freya installés dans des silos cylindriques en béton, protégés par des canons de 25 mm anti-aériens, ainsi qu’une salle de contrôle en « T », plusieurs abris protégés, un transformateur, un réservoir d’eau et différents baraquements. La plupart des assises sont encore visibles sur le terrain. La station était chargée de traquer les appareils alliés sur le sud de l’Ardèche et de lancer contre eux des chasseurs allemands. Elle semble avoir été opérationnelle à partir de juillet 1944. Elle devait compter une centaine d’hommes. De nombreux saint-reméziens étaient alors réquisitionnés pour les transports d’eau et de matériel. La base fut détruite par les allemands eux-mêmes le 20 août, sur ordre du Haut commandement allemand, sans doute devant la progression des troupes alliées débarquées en Provence et l’intensification des troupes de résistance en Ardèche méridionale. L’attaque du site par deux groupes de maquisards s’est soldée par un échec faute sans doute de moyens suffisants. Elle fut suivie par plusieurs mitraillages aériens de Saint-Remèze, le jour même et les 17 et 19 août. A partir du 22, ce sont plusieurs convois de troupes allemandes en retraite qui vont passer, voire bivouaquer, dans le village pendant près d’une semaine, multipliant sur leur passage réquisitions et pillages, exécutions (quatre maquisards à l’entrée du village, Antoinette et Marcel Bouygues). Le 26, trois avions français mitraillent une colonne, tuant 7 allemands et détruisant plusieurs véhicules et canons. Le 31 août, un escadron avec chars légers de l’armée de la Libération stationne à Saint-Remèze. C’est la fin d’une semaine de cauchemar qui avait vu de nombreux villageois se cacher dans les bois et gorges.

Photo couleur : embase de radar Wursburg, plaine d’Aurèle.

Illustration : Type de radar Wursburg installé dans la plaine d’Aurèle.



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